Aller au contenu principal
Aller au contenu
📖 Guide10 min de lecture

Registre des traitements : guide pas à pas pour les PME

Article 30 du RGPD, 12 mentions obligatoires, modèle simplifié, erreurs fréquentes : tout pour créer et maintenir votre registre des traitements en conformité.

É

Équipe COCORRIDOR

30 mars 2026

registre des traitementsRGPDarticle 30PMEconformité

Le registre des traitements est le document central de votre conformité RGPD. Pourtant, selon une étude Data Legal Drive (2025), 61 % des PME françaises n'en disposent pas ou le considèrent comme incomplet. Ce guide détaille pas à pas comment le créer, le remplir et le maintenir.

L'article 30 du RGPD : ce qu'il exige

« Chaque responsable du traitement [...] tient un registre des activités de traitement effectuées sous sa responsabilité. Ce registre comporte toutes les informations suivantes [...] »

Règlement (UE) 2016/679 (RGPD), Article 30, paragraphe 1

Qui est concerné ?

L'obligation de tenir un registre s'applique à :

  • Toute entreprise de plus de 250 salariés
  • Toute entreprise de moins de 250 salariés si le traitement n'est pas occasionnel, porte sur des données sensibles (article 9), ou concerne des données relatives à des condamnations pénales (article 10)

En pratique, toute PME est concernée. Dès que vous traitez des données clients de manière régulière (CRM, newsletters, facturation), le traitement n'est pas "occasionnel" et le registre est obligatoire. La CNIL l'a confirmé dans ses recommandations de 2024.

Les 12 mentions obligatoires

L'article 30 du RGPD énumère les informations que doit contenir le registre pour chaque traitement :

#InformationExemple concret (PME e-commerce)
1Nom et coordonnées du responsable de traitementSAS MonShop, 12 rue de la Paix, 75002 Paris
2Finalités du traitementGestion des commandes et livraisons
3Catégories de personnes concernéesClients, prospects, visiteurs du site
4Catégories de données traitéesNom, email, adresse, historique commandes, IP
5Catégories de destinatairesBrevo (emails), Mollie (paiements), Colissimo
6Transferts hors UE (pays, garanties)Aucun (prestataires UE) / USA via SCC
7Délais de conservation3 ans après dernier achat, 5 ans comptabilité
8Mesures de sécurité techniquesChiffrement TLS, pseudonymisation, backups
9Base légale du traitementExécution du contrat (article 6.1.b)
10DPO (si désigné)dpo@monshop.fr ou "Non désigné"
11Responsable conjoint (si applicable)N/A ou partenaire marketplace
12Description générale des mesures de sécurité (art. 32)Politique d'accès, formation équipes, audit annuel

Les traitements à ne pas oublier

Les PME oublient souvent de recenser certains traitements. Voici les plus fréquemment omis :

  • Gestion des cookies et trackers : Google Analytics, Meta Pixel, Hotjar collectent des données personnelles (IP, comportement) et constituent un traitement à part entière
  • Vidéosurveillance : si vos locaux sont équipés de caméras, c'est un traitement de données biométriques potentielles
  • Gestion RH interne : paie, congés, évaluations annuelles, médecine du travail
  • Newsletter et prospection : même avec consentement, c'est un traitement à documenter
  • Chatbot IA : les conversations stockées constituent un traitement de données personnelles
  • Sous-traitants techniques : hébergeur, CDN, service email transactionnel, outil de déploiement

Le scan COCORRIDOR identifie automatiquement les services tiers présents sur votre site qui constituent des traitements à documenter dans votre registre.

Erreurs fréquentes dans les registres PME

1. Finalités trop vagues

Écrire "gestion de la relation client" ne suffit pas. Détaillez : "envoi de devis personnalisés", "suivi des commandes en cours", "relance des paniers abandonnés". Chaque finalité distincte doit constituer une ligne séparée dans le registre.

2. Durées de conservation absentes ou indéfinies

La mention "durée nécessaire" n'est pas acceptable. Vous devez spécifier des durées précises, justifiées par une obligation légale (6 ans pour les pièces comptables, article L.123-22 du Code de commerce) ou une nécessité opérationnelle documentée.

3. Sous-traitants non listés

Chaque prestataire ayant accès aux données personnelles doit figurer dans le registre avec son pays d'hébergement et le mécanisme de transfert utilisé. Les audits CNIL relèvent systématiquement l'absence de sous-traitants dans les registres des PME.

4. Registre figé depuis sa création

Un registre créé en 2018 et jamais mis à jour ne vaut rien. Chaque nouveau prestataire, chaque évolution de traitement doit être reflétée. La CNIL recommande une revue trimestrielle minimum.

Modèle de registre simplifié

Voici la structure recommandée par la CNIL pour un registre de PME :

ChampTraitement 1 : CommandesTraitement 2 : Newsletter
ResponsableSAS MonShopSAS MonShop
FinalitéExécution et suivi des commandesProspection commerciale par email
Base légaleExécution du contrat (6.1.b)Consentement (6.1.a)
Personnes concernéesClients acheteursInscrits à la newsletter
Données collectéesNom, email, adresse, téléphoneEmail, prénom
DestinatairesBrevo (email), Mollie (paiement)Brevo (routage email)
Transfert hors UENonNon
Conservation3 ans après dernier achatJusqu'au désabonnement
SécuritéChiffrement TLS, accès restreintChiffrement TLS, double opt-in

Outils pour créer votre registre

  • Legal Builder COCORRIDOR : génère automatiquement un registre des traitements à partir de vos données d'entreprise et des résultats de scan. Intègre les déclarations AI Act.
  • Modèle CNIL : tableur Excel gratuit disponible sur cnil.fr. Complet mais entièrement manuel.
  • DPO interne ou externalisé : un DPO peut superviser la création et la mise à jour. Les experts COCORRIDOR proposent un accompagnement DPO externalisé.

Foire aux questions

Faut-il publier le registre des traitements ?

Non. Le registre n'est pas public. Cependant, il doit être mis à disposition de la CNIL sur demande (article 30§4). En cas de contrôle, la CNIL peut demander le registre dans un délai de 72 heures. Ne pas pouvoir le présenter constitue une infraction.

Mon entreprise fait moins de 250 salariés. Suis-je vraiment concernée ?

Oui, dans 99 % des cas. L'exemption de l'article 30§5 ne s'applique qu'aux traitements "occasionnels". Dès lors que vous gérez un fichier clients, une newsletter, des cookies analytics, ou des données salariés de manière régulière, le registre est obligatoire. La CNIL considère qu'un traitement récurrent (même mensuel) n'est pas occasionnel.

Quelle est la sanction en cas d'absence de registre ?

L'article 83§4 du RGPD prévoit une amende pouvant atteindre 10 millions d'euros ou 2 % du chiffre d'affaires mondial. En pratique, la CNIL sanctionne d'abord par une mise en demeure avec délai de mise en conformité (généralement 3 à 6 mois). L'amende intervient en cas de non-correction.

Dois-je inclure les traitements sous-traités dans mon registre ?

Oui, mais dans un registre séparé. L'article 30§2 impose au sous-traitant de tenir son propre registre. En tant que responsable de traitement, vous devez lister vos sous-traitants dans votre registre (champ "destinataires"), avec leurs coordonnées et la nature du traitement confié.

Article suivant

Migration souveraine : méthodologie en 6 étapes

Mesurez votre souveraineté en 30 secondes

Scannez votre site gratuitement. Identifiez chaque service extra-européen et découvrez les alternatives souveraines.

Scanner mon site